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MON BILLET DE CE JOUR ADRESSE AUX JUNIORS ET AUX SENIORS EN CE 2 NOVEMBRE 2016

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 37-40

Jésus disait à la foule : « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé.

« Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
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"La nuit n'est jamais compète"

Seigneur Jésus, tu ne nous demandes pas en ce jour de faire acte de nostalgie à l'égard de ceux et celles qui, apparemment, nous ont quittés.

Chacun d'entre nous est profondément touché dans son être et dans sa chair par la disparition d'un être aimé.

Et nous en sommes troublés jusqu'au plus profond de nous, car nous ne pouvons pas laisser de côté notre propre disparition qui surviendra un jour.

Mais "La nuit n'est jamais complète. Il y a toujours au bout du chagrin une fenêtre ouverte. Une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, un désir à combler, une faim à satisfaire"

Ces paroles du poète (Paul Éluard) font écho dans nos vies. Que de fois, nous les avons entendues au cours de célébrations de la vie vécues en Eglise.

La contemplation des textes de ce jour, leur manducation, devraient nous ravir pour peu que nous sachions par des exercices de réchauffement, comme les athlètes le font chaque jour, en faire des paroles de feu qui nous réchauffent le cœur. En toute vérité toutefois, ce n'est pas nous qui transformons par nos exercices de réchauffement, nos temps d'oraison, ces paroles en paroles de feu, mais c'est plutôt le Feu «dormant» dans ces paroles qui se donne à nous. "Je ferai de mes Paroles un feu dans ta bouche" disait déjà le prophète Jérémie.

Seigneur Jésus, c'est dans ce même feu que fût révélé à Moïse le Nom que personne ne pourra jamais effacer, celui de Dieu lui-même qui se dévoila dans le "JE SUIS". Ce "JE SUIS" est le nom que portent désormais tous ceux et celles qui nous ont quittés. C'est aussi notre Nom qui est inscrit dans ton règne de relations et qui se dévoilera pleinement le jour où notre vie s'ouvrira à ton Amour Infini.

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Paroles de feu : tu rendras nos corps semblables à ton corps glorieux (Philippiens 3, 21) et, ajoute saint Bernard, tu empliras d'honneur ce vase (nos corps) si faible aujourd'hui. Mais ce feu ne peut prendre que si nous y mettons un peu du nôtre par des exercices de réchauffement. Oui, un jour du temps, Seigneur Jésus, élevé à ce Règne de relations, tu reviendras nous prendre avec toi. Il n'y a pas dans ces paroles de nostalgie ou une quelconque appréhension, ce qui serait tout à fait compréhensible. Mais, si c'est vrai tout cela, il y a de quoi nous émerveiller.

Ceux qui nous ont quittés sont des "saints", comme ceux et celles que nous avons célébrés hier.

Et ils nous familiarisent avec cet instant redoutable, celui de notre propre mort. Cet apprivoisement demande une sortie de nous-mêmes, une mort à nous-mêmes afin de nous laisser transformer, ici et maintenant.

La plus grande des merveilles, c'est que nous sommes conviés, comme ceux et celles qui nous ont précédés, à laisser briller en nous la lumière sans fin (Psaume 26).

Il y a du bon sens à dire que la vie a du sens, Seigneur, quand nous allons, aujourd'hui et demain, vers toi "le Chemin et la Vie". La vie n'est pas détruite, elle est transformée chante la préface de ce jour.

Saint Augustin disait déjà : "Ne pas mourir, c'est impossible, mais bien vivre, c'est donner du sens à notre vie, ici et maintenant".

Maurice Zundel, ce grand "voyant" du siècle précédent, affirmait que le vrai problème n'était pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais de savoir si nous sommes bien vivants avant notre mort.

Terminons par ces mots du Père Christophe de Tibhirine qui disait peu de temps avant son martyre : "Je suis ressuscité, je peux mourir. Une eucharistie nous prépare à nous voir des invités à une eucharistie sans fin où dans ta demeure nous vivrons près de toi pour toujours."

Faire "mémoire", c'est rendre actif ce qui nous paraît du passé. Quand, à ton dernier repas, tu dis cette Parole :" Vous ferez cela en mémoire de moi", c'est une façon très directe de nous rappeler que chaque fois que nous célébrons l'Eucharistie, c'est toi, Seigneur, que nous célébrons dans ta Présence voilée.

Et il en est de même pour ceux et celles qui nous ont quittés, et dont nous "faisons mémoire" en ce jour. C'est une invitation à la confiance la plus dépouillée, mais aussi la plus donnée : Nous croyons que, parce que tu es ressuscité, nous pouvons nous rendre présents à ceux et celles que nous ne pouvons voir qu'avec notre cœur aimant.

En nous rendant présents à nos frères et nos sœurs dont l'absence se fait lourdement ressentir, sachant qu'ils sont "vivants", nous ne pouvons passer sous silence notre dernier passage.

Et nous ne pouvons que nous appuyer sur les paroles que tu nous dis aujourd'hui : "La volonté de mon Père, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour."

Seigneur Jésus, en te donnant notre confiance, nous savons désormais que ce dernier jour est le premier d'une recréation, et que nous sommes déjà relevés.

Si, dans la nuit de nos questions posées, nous mettons notre confiance en toi, nous croyons que nous avons la Vie en plénitude, ici et maintenant.

Michel GUERRE le 2 novembre 2016

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02/11/2016
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